Le califat et sa transmission

Propos tenus lorsqu'on lui demanda d'accepter la succession d'Othman

L'Imam dit:

"Laissez - moi donc et cherchez un autre.

Nous allons aborder une situation qui aura plusieurs visages et différentes couleurs.

Elle ne sera guère réjouissante et troublera les esprits.

L'horizon est sombre et la voie qui était droite ne l'est plus.

Sachez que si j'accède à votre désir, je vous traiterai comme je l'entends; je n'aurai aucune ouïe pour ce qu'on pourrait dire et ne tiendrai compte d'aucune récrimination.

Mais si vous 'me dispensez de cette charge, je serai comme tout un chacun de vous.

Il se pourrait que je sois, alors, pour celui que vous auriez choisi, le plus attentif et le plus obéissant.

Il vaut mieux pour vous, alors, que je sois votre ministre plutôt que d'être votre émir."

Après sa proclamation comme calife, il déclare à propos de cette charge

"Vous ne m'avez pas proclamé à la légère et sans réflexion".

Toutefois nos objectifs ne sont pas identiques.

Par cette charge, mon désir est de vous mener vers Dieu, alors que le v8tre est de m'utiliser pour vous - mêmes.

O Gens ! Soutenez - moi contre vos passions!

Dieu m'est témoin! Je rendrai à l'opprimé son droit contre l'oppresseur, et je traînerai l'oppresseur par les cheveux jusqu'aux sources de la vérité, même contre son gré."

Proclamé calife, l'Imam répond à des partisans...

"Mes frères! Je n'ignore point ce que vous savez.

Mais où puiserai - je cette force contre des gens qui sont en pleine puissance; nous sommes à leur merci; ils ne sont pas à la nôtre.

Voyez vos propres serviteurs se soulever avec eux et les voilà rejoints par vos propres tribus. Les voilà vivant parmi vous et vous imposant ce qu'ils désirent.

Trouvez - vous une solution pour arriver à ce que vous désirez?

C'est une séquelle anté-islamique (l'époque pré-islamique est appelée la Djahiliyya). Ces gens bénéficient d'appuis. Si cette question est soulevée des divergences surgiront: les uns partageront votre opinion, d'autres seront à l'opposé et le troisième groupe ne se rangera ni d'un côté ni de l'autre.

Patientez jusqu'à ce que le calme revienne aux esprits, que les passions s'apaisent: alors les droits pourront être rendus.

N'insistez pas auprès de moi, pour pouvoir mieux juger mes actions. Ne commettez pas d'acte qui amoindrirait notre force, affaiblirait notre puissance et engendrerait impuissance et avilissement.

Je m'en chargerai tant que faire se pourra. Et si je ne peux faire autrement, remède ultime sera le châtiment.

Propos tenus au début de son califat

Dieu (Gloire à Lui) nous a donné un Livre (Le Saint Coran) où il a indiqué le bien comme le mal; suivez le chemin du bien et vous serez éclairés; détournez - vous du chemin du mal et vous vivrez en paix.

Les obligations ! Les obligations ! Accomplissez - les pour Dieu et vous accéderez au paradis. Ce que Dieu a prohibé ne nous est pas ignoré, ce qu'il nous a permis ne déshonore point. Il a élevé la dignité du musulman au - dessus de toute dignité, a consolidé les droits des musulmans par la sincérité et la croyance en son unicité.

"Le musulman est celui dont ni la main ni la langue ne portent préjudice à ses frères musulmans" dans la volonté de rendre justice.

Nul musulman ne doit être inquiété s'il est en conformité avec la Loi.

Traitez, sans attente, les affaires publiques et celles qui vous sont propres. Les hommes sont devant vous et la mort s'avance. Allégez - vous pour ne pas être en reste. Car par vos actions, vous qui êtes les premiers, on jugera celles des derniers.

Evitez les interdits de Dieu aussi bien dans ses êtres que dans son monde; vous avez à rendre compte même de la terre et des animaux; obéissez à Dieu, n'enfreignez point ses commandements. Si vous voyez le bien accourez à sa pratique et le mal, détournez - vous en.

Les servises rendus au Prophète au moment de sa mort

Les détenteurs des dires du Prophète parmi ses amis, savent que je n'ai jamais contredit Dieu et son Prophète. J'ai protégé, par ma personne, le Prophète dans des circonstances où les héros se dérobent et les guerriers reculent, secours que Dieu m'avait conféré l'insigne honneur de lui donner.

Le Prophète a rendu le dernier souffle, sa tête sur ma poitrine.

J'ai recueilli ce souffle et l'ai passé sur mon visage.

Je me suis chargé de lui faire les dernières ablutions, aidé par les anges qui se succédaient groupe après groupe; cela créait un véritable grouillement dans la demeure. Leurs louanges murmurées ne cessèrent de chatouiller mes oreilles jusqu'à sa mise dans la tombe.

Qui, plus que moi, a le droit sur lui vivant ou mort ? Laissez parler la raison. Que vos intentions soient sincères dans votre combat contre l'ennemi.

Par Dieu, et il n'y a d'autre Dieu que lui, je suis dans le droit chemin alors que nos ennemis suivent l'avilissant sentier de l'erreur. Je dis ce que vous avez bien voulu entendre et demande pardon à Dieu pour moi et pour vous.

L'homme digne du Califat

L'Imam dit à ce propos: "Quel est le plus digne du Califat? O vous les hommes!

En est le plus digne celui qui est le plus apte à l'exercer et le plus versé dans les ordres de Dieu en ce domaine.

Par un appel pour revenir au droit chemin, on invite le perturbateur à taire ses agissements et s'il persiste, on le combat.

Je le jure. Si pour l'Imamat, il fallait recueillir l'avis de toute la population, nous n'y arriverions jamais.

Les plus dignes agiront aux lieu et place des absents.

Il n'appartient pas à celui qui y a assisté de se rétracter, ni à l'absent de formuler un choix.

Ainsi, j'ai à combattre deux hommes: un homme qui prétend à ce qui ne lui revient point et un autre qui refuse d'accomplir son devoir.

Je vous recommande, adorateurs de Dieu, l'obéissance à Dieu car c'est ce qui rapproche le plus de lui et aboutit aux meilleurs résultats.

Et voici la guerre allumée entre vous et les autres musulmans. Ne pourront porter cet étendard que les gens clairvoyants, patients, endurants et connaissant le droit chemin.

Suivez les ordres qui vous sont donnés, abstenez-vous de ce qui vous est interdit, ne vous précipitez pas avant d'avoir bien mûri les choses; car nous avons des adversaires partisans de tout ce que vous refusez.

Droits et devoirs du dirigeant et des administrés

Dieu s'est départi de quelques - uns de ses droits en faveur des hommes les uns pour les autres.

Ce sont des droits équilibrés et interdépendants.

Le plus important de ces droits reste celui du dirigeant sur les administrés et celui des administrés; sur le dirigeant. Dieu en a fait une réciprocité; obligatoire, comme base de la concorde entre eux et un appui pour la religion.

La vertu ne saura être le lot des administrés que si elle est celui du dirigeant, de même qu'elle ne peut être le lot de ce dernier que si elle est celui des premiers.

Lorsque chacune des deux parties s'acquitte de ses devoirs vis - à - vis de l'autre, le droit en sortira grandi, les assises de la religion consolidées, la justice raffermie et les traditions respectées. Ainsi la société sera vertueuse.

Chacun souhaiterait alors la prospérité de l'Etat et les aspirations des ennemis seraient vouées à l'échec.

Par contre si la nation excède le dirigeant ou que ce dernier bafoue les droits des administrés, la dissension s'installe et la tyrannie fait son entrée, l'hérésie prospère, le droit chemin est alors abandonné; on agit selon les passions, la justice paralysée, le vice répandu; point se soucier d'un droit bafoué, quelle que soit son importance, encore moins d'une erreur quelle que soit sa portée.

Les honnêtes seraient avilis et les malhonnêtes adulés.

Il vous appartient de vous consulter loyalement et avec désintéressement et de vous entraider sur ce sujet.

Aucun homme, même s'il désire ardemment obtenir la satisfaction de Dieu et qu'il œuvre depuis longtemps dans ce sens, n'est à même de saisir la réalité de ce que, Gloire à Lui, Dieu est en droit d'attendre comme obéissance.

Le conseil loyalement prodigué dans toute la mesure du possible, l'entraide pour instaurer la justice parmi les membres de la nation, sont quelques - unes des obligations que Dieu a ordonnées à ses adorateurs.

Personne n'est épargné par le besoin d'aide et de conseils dans la tâche dont Dieu l'a chargé, même s'il a atteint un haut degré d'intransigeance dans l'instauration de la justice, et quel que soit son rôle dans la religion.

De même, il n'est personne, fût - il sans considération dans la société, qui ne soit à même d'accorder son assistance ou d'être assisté dans ce domaine."

Il termina en substance: Droits et obligation de l'Emir

O gens! J'ai des droits sur vous et vous en avez sur moi.

Pour ce qui est des droits que vous avez sur moi: il y a le conseil loyal et désintéressé, la bonne gestion des deniers de l'État dans votre intérêt, votre instruction afin que vous ne soyez pas ignorants, votre éducation jusqu'à la perfection.

En ce qui est des droits que j'ai sur vous: il y a le respect de votre serment d'allégeance, la fidélité en ma présence comme en mon absence, la réponse à mon appel et l'obéissance à mes ordres.

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